( AFP / MARTIN LELIEVRE )
La Banque de France prévoit une activité "ralentie" bien que "résiliente" au deuxième trimestre, du fait des premiers effets de la flambée des prix de l'énergie, selon son enquête mensuelle de conjoncture publiée mardi.
"La résilience de l'économie française commence à être mise à l'épreuve" et "on constate les premiers effets du choc" lié à la guerre au Moyen-Orient, a souligné lors d'un point presse le chef économiste de la Banque de France, Xavier Debrun.
"Les effets attendus de ce choc sont à la fois une hausse des prix et un ralentissement de l'activité économique par rapport à son rythme normal", a-t-il ajouté. Les incertitudes ne permettent toutefois pas encore de "chiffrer l'ampleur de ce ralentissement" au deuxième trimestre, après la mauvaise surprise d'une croissance nulle au premier trimestre, a précisé le responsable.
En avril, la production industrielle est restée soutenue, supérieure aux anticipations des chefs d'entreprise et au-dessus de la moyenne de long terme pour le onzième mois consécutif, selon l'enquête, réalisée du 28 avril au 6 mai auprès de 8.500 chefs d'entreprise.
L'activité a été notamment dynamique dans les secteurs liés à la défense (équipements électriques, aéronautique), et bien orientée dans les produits informatiques, électroniques et optiques ou encore la chimie.
Dans le bâtiment, "avril a été raisonnablement positif", a souligné Xavier Debrun: l'activité a reculé très légèrement dans le gros oeuvre et continué de progresser dans le second oeuvre, mais à un rythme plus ralenti qu'en mars.
Dans les services marchands, l'activité a été stable, comme attendu par les chefs d'entreprise, avec des tendances hétérogènes selon les secteurs (en hausse dans les loisirs, les services à la personne ou l'édition, en recul dans la restauration et la location automobile).
Mais en avril, 13% des entreprises industrielles ont fait état de difficultés d'approvisionnement, contre 10% en mars. Plusieurs secteurs ont signalé des tensions "exacerbées" sur certaines matières premières dérivées du pétrole, ainsi qu'un allongement de leurs délais de livraison (aéronautique, équipements électriques, chimie, produits informatiques...).
Et pour mai, selon les anticipations des chefs d'entreprise, l'activité reculerait dans les services et évoluerait peu dans l'industrie et le bâtiment.
"Si on se tourne vers les prévisions pour mai, on ressent effectivement les premiers effets du ralentissement", a relevé Xavier Debrun. Mais "il faudra attendre les résultats de l'enquête de mai pour avoir une vue beaucoup plus précise de ce qui se passe au deuxième trimestre", a-t-il souligné.
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